Introduction de R. DESSIRIER

Quand Jacques Echavidre peint, il transporte des pierres.

Et pas n'importes quelles pierres: celles de Grèce, du Maroc, de Tunisie, d'Egypte, ou d'ailleurs, qu'il a emportées dans sa tête en même temps que l'émerveillement d'une certaine journée, d'une certaine lumière, d'une transparence particulière du ciel, ou d'une ombre qui ne pouvait pas être ailleurs que là.

Et cette couleur, cette matière, cette transparence ou cette opacité, dans l'ombre de son atelier, il nous les restitue sur la toile avec une grande économie de moyens.

Sans qu'il ait besoin de nous l'expliquer, nous comprenons tout ce qu'il a dû sacrifier de détails pitoresques, des matériaux riches, de points de vue audacieux pour nous offrir si sobrement la quintessence de sa vision.

Merci à lui.

Et si, par exception, l'art des bâtisseurs est absent de l'une ou l'autre de ses toiles, c'est qu'il a réussi à enfermer dans les limites étroites d'une cinquante figure les milliards de grains de sable d'une dune qui, après avoir voyagée pendant des millénaires, s'est arretée là, pour notre joie.

Et pour toujours.

René DESSIRIER


 

Copyright @ 2009 Adrien Garnier et Jacques Echavidre